VESTIGES

Face aux séquelles d’un divorce, je constate l’étendue des dégâts collatéraux occasionnés par une séparation familiale mal vécue. Voici comment je perçois cela aujourd’hui :

Comme il est impossible de revenir en arrière, il est dans un premier temps nécessaire d’accepter ce qui a été fait et comment cela a été fait. Chaque parent assume ses actes et sa responsabilité, en toute honnêteté et en conscience, sans accuser l’autre ni le démolir aux yeux des autres. Essayer de comprendre la situation qui a mené à cette décision.

Rassurer les enfants, leur dire qu’ils ne sont pas responsables des actes de leurs parents, et qu’ils ne sont aucunement responsables du fait qu’ils se séparent. Pour protéger l’un des parents, voire les deux, il arrive souvent que les enfants s’accusent de leur séparation, car leur survie est en jeu et un réflexe vital les pousse à se sacrifier pour préserver la cellule familiale, en somatisant. Parfois, l’un des enfants joue ce rôle et se charge du poids de la culpabilité pour permettre aux autres d’aller mieux. Tout sentiment de culpabilité engendre une souffrance qui peut être vue comme le prix à payer pour être aimé, quitte à s’autodétruire.

L’enfant peut commencer à guérir du trauma occasionné par le divorce de ses parents seulement après avoir pu ressentir et exprimer sa colère, sa tristesse, ses regrets, sa peur, et après avoir vu qu’il cherchait à protéger l’un ou les deux parents en se rendant responsable de leur séparation. Il peut alors enfin leur rendre la responsabilité qui leur appartient et se libérer de ce poids inutile.

Les enfants ne sont jamais responsables, et encore moins coupables, des actes de leurs parents.

Ce processus de guérison est similaire lorsqu’il y a séparation d’avec un groupe, surtout s’il s’agit de ce qui est vécu comme une famille « spirituelle ». L’appartenance à ce groupe est tellement forte que celui ou celle qui le quitte culpabilise et prend sur soi toute la responsabilité qui incombe parfois à ses dirigeants, notamment celui qui s’est investi du rôle de « gourou », parent de substitution en quelque sorte, et paré de toutes les vertus. Il importe de voir avec lucidité quelle est la part de responsabilité de chacun dans les difficultés rencontrées.

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AU FOND DU TROU

IMG_3860Voici un exemple de séance de Rêve Éveillé Libre récente, publiée avec l’accord de son auteure. Depuis des années, cette femme portait en elle une profonde blessure invisible qui échappait à tous les traitements. Dépression latente, disaient les médecins, de cause inconnue. Après cette séance libératrice, elle est enfin sortie de son cocon et s’est mise à vivre vraiment. Ce témoignage me touche car il montre les ressources infinies dont nous disposons si nous voulons bien les laisser agir, au lieu de nous débattre et chercher des solutions mentales. L’ego ne peut soigner, et encore moins guérir, l’ego blessé. Seul, notre être profond en est capable. Quand la tête est en panne, le cœur prend le relais. S’asseoir et contempler le désastre. Salutaire dé-pression qui ouvre la porte de la lucidité. À condition de l’accueillir en amie, d’accepter de la suivre et de sombrer avec elle, d’aller dans le sombre, le noir, dépasser la crainte de s’y perdre. Y descendre de son plein gré, sans tenter de coller des panse-ments légaux ou illégaux. Juste sombrer dans la sainte dépression, sachant que c’est la porte d’accès à une dimension de Soi plus vaste. Au besoin, se faire accompagner facilite le processus et rassure. La séance a duré 59 minutes.

 « Je demande à voir ce qui se passe dans toute cette souffrance. J’aimerais retrouver le rire au lieu de souff-rir (soupir) Ah, mon dieu ! J’ai l’impression d’être au fond du trou. Oui, au fond du trou ! À quoi ça sert de vivre ? À quoi ça sert de donner naissance à des enfants pour qu’ils vivent ces horreurs ? À quoi ça sert, tout ça ? Le petit prince qui voulait se faire des amis trouve que des paumés et des toxicos. Mon dieu, c’est quoi ce monde ? Désespoir total. Absence de réalisation. Impression d’avoir échoué ici (comme un bateau échoué sur la grève), sans espoir d’en sortir. Un corps-mort. Un corps qui n’a plus de joie. Un corps à l’abandon. Y’a plus de raison d’être. Douleur aigue du côté droit de l’aine. Un train qui passe. Oui, il est sur des rails, le même trajet, encore et encore. Je suis fatiguée de tout ça, fatiguée de vivre. J’y crois plus. Fatigue. Profondément désespérée. Impression d’être au fond d’un trou et de ne pas pouvoir en sortir, jamais. Tout est au ralenti. Plus rien de vivant -23 mn-( silence) (soupir) (silence). 

Je suis toujours au fond du trou et je sais pas quoi faire pour en sortir. C’est trop haut, je peux pas grimper. Y’a pas de solution. Pourquoi je suis tombée au fond de ce trou ? Je me suis rendue compte un jour que j’étais au fond du trou. Y’a pas d’issue, pas d’aide possible. Y’aurait bien une solution magique : que je prenne une potion et devienne tellement grande que j’arrive à en sortir. Est-ce que je veux vraiment en sortir ? J’aime pas le monde, je préfère rester dans mon trou. J’ai pas d’ami-s. -30 mn-

Je revois des tableaux vus hier. Je suis juste dans une profonde dépression et je vois pas comment je peux en sortir (soupir) -36 mn- (silence)

En fait, je me mets debout et je me rends compte que ce que je suis est infiniment plus grand que ce petit être qui est au fond du trou. C’est un être immense. L’être immense que je suis, tout lumineux, et ce petit être tout noir terré au fond du trou. (respiration haletante) Je revois ce que m’a fait T. sa folie. C’est un malade, ce mec. J’ai été très profondément blessée. Il a jeté sur moi toute sa noirceur, sa haine des femmes, ce noir d’obsidienne -46 mn- Obsession-obsidienne. Matière noire compacte, dure, froide, coupante, comme du charbon. Un fou, un fou, complètement fou. 

-50 mn- Me faire arnaquer, oui, je me suis fait arnaquer, tout le temps, par des hommes. 

Je vois l’être lumineux que je suis, ce grand corps lumineux, immense, marcher, se pencher et attraper la petite forme au fond du trou, la prendre dans ses bras, la soulever. Au fur et à mesure, elle se fond, c’est moins compact, moins dense, elle se déplie, elle se dissout (détente, respiration profonde).

C’est ainsi que le grand être lumineux a digéré cette petite forme noire. Il l’a ramenée à la maison. »

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ALTÉRITÉ

palindrome

ALTÉRITÉ

“L’autre”, lorsqu’il nous devient insupportable, there
nous révèle en fait ce que nous ne voulons ou ne pouvons pas encore voir en nous. Ce que nous avons enfoui, faute de comprendre sa manifestation. Pourquoi ? Notre jugement l’avait exclu de notre champ conscient, nous ne l’avions pas trouvé digne de notre compagnie. Et nous passons notre temps ensuite à coller des étiquettes pour justifier le bien-fondé de cette exclusion, qualificatifs reçus comme des malédictions réductrices : “Schizo”, “homo”, “mytho”, “barjo”, “nympho”, “parano”, “toxico”, tous ces maux dont “l’autre” devient le bouc-émissaire. Cela crée encore et encore de la souffrance et des catégories “infréquentables” et ne sert aucunement la Vie . L’autre, ce prodigieux miroir offert à notre regard, finit par disparaître, privé de notre amour et nous, nous avons juste perdu une belle occasion de nous aimer davantage. Ce sera pour une prochaine fois, peut-être, car la Vie, dans son immense bonté, va nous le représenter jusqu’à ce que nous acceptions avec gratitude ce reflet brisé de nous-mêmes.

Si nous observons ce processus au sein d’un groupe ou d’une famille, nous retrouvons cette tendance exacerbée par la proximité, les liens de sang, les influences génétiques. Très souvent, l’un des membres est le malade désigné qui porte la charge émotionnelle du groupe, le bouc émissaire envoyé au désert, chargé des “péchés” famiiaux. La santé apparente de la cellule est ainsi préservée. Quand celui ou celle qui joue ce rôle cesse de le faire, le reste du groupe essaie de l’y maintenir, parce que le fragile équilibre est rompu. Toute tentative de guérison est en fait sévèrement réprimée car elle met en danger le statu quo de l’ensemble. Il arrive aussi que le malade désigné soit partagé entre son désir de guérison et sa fidélité à la cellule familiale archaïque. Il s’est mis dans la peau de la victime consentante qui, par amour, se sacrifie pour le groupe. Il a cru que cette idée “pour être aimé, je dois me sacrifier” était vraie, et bien sûr, comme toute croyance, celle-ci a tendance à rester, jusqu’à que nous la remettions en question.

Il existe une autre manière de sortir de cet engrenage : que chaque membre accepte d’aimer sa part d’ombre au lieu de la rejeter sur l’autre. Pourquoi ne l’appliquons-nous pas ? Sans doute parce que nous avons peur de changer, de quitter le connu, qui nous tient chaud, même s’il est toxique.

Comment se fait-il que nous soyons tous atteints de ces dysfonctionnements, de façon plus ou moins marquée ? En prenant un corps physique, nous avons tous pour objectif d’être ce que nous sommes, de manifester notre essence dans le monde physique. Notre âme attire à elle les circonstances qui lui permettront de réaliser au mieux cet objectif. En s’incarnant, elle oublie d’où elle vient, ce qu’elle est, et c’est donc un chemin initiatique qu’elle va parcourir, de remémoration (en anglais remember). Elle se “remembre”, reforme le tout qu’elle semble avoir quitté, elle rentre à la maison. Donc, la première blessure est celle de la séparation d’avec le tout. Cette blessure originelle va être interprétée, va se décliner en cinq nuances principales, qui forment les blessures existentielles dont nous héritons, chacun selon ses caractéristiques génétiques :

T = Trahison

R = Rejet

A = Abandon

H = Humiliation

I = Injustice

Ces blessures sont reconnaissables. Une fois démasquées, elles cicatrisent et cessent de nous attirer les situations récurrentes qui servaient à les alimenter. Nous pouvons alors voir nos “ennemis” d’hier comme ceux qui nous ont permis de révéler ces blessures cachées et d’y remédier. Nous ne leur en voulons plus de nous avoir fait subir ce que nous croyions être des mauvais traitements. Ils sont pardonnés comme nous nous pardonnons, car c’est grâce à eux que nous nous sommes retrouvés.

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CONSCIENTISER AVEC AMOUR

Onzième jour sans nourriture solide… Je n’avais aucune idée en tête avant d’entamer ce qui me paraissait être une pause de fin d’hiver. Depuis quelque temps, je ne savais plus quoi manger. J’arrivais au magasin, faisais le tour des rayons et rien ne me faisait envie. C’est venu tout seul, sans effort. Depuis l’âge de vingt ans, ça me prend comme ça, une fois ou deux dans l’année, une cure de raisin ou de « rien ». Cela s’inscrit donc dans une continuité. Il y a deux ans, ça a duré trois semaines et j’ai repris parce que j’avais froid, et comme il ne restait plus beaucoup de graisse, je n’arrivais pas à me réchauffer, malgré les bouillottes. Donc, le bon sens m’a dit qu’il était temps de me réalimenter. J’ai depuis pris conscience que la plupart du temps, je mangeais sans faim, uniquement pour nourrir l’émotionnel ou partager entre amis. C’est l’occasion de se rendre compte à quel point la nourriture peut devenir une forme d’addiction, une dépendance dont on peut guérir par un sevrage. Ce peut aussi être une forme d’autodestruction.

P1050855En vrai, nos aliments sont de la lumière, et il est possible que notre corps physique puisse l’absorber en direct, sans passer par la case « solide ». C’est en tout cas l’expérience qui se vit maintenant ici, dans ce corps. Je ne peux en aucun cas la recommander comme panacée universelle ! Je ne sais pas non plus combien de temps elle se fera, ni si elle est définitive. C’est très agréable, et quel soulagement de ne plus avoir à cuisiner ! Quelle liberté et quel gain de temps, aussi…

Et puis, participer à faire reculer les limites du possible et dépasser de vieilles croyances, cette idée me plaît bien !

SUITE DU FEUILLETON

Quinzième jour sans nourriture solide. Depuis le vendredi 12 février, je n’ai absorbé que de l’eau, et quelques jus de fruits et de carottes. Je n’ai aucune sensation de faim, ni d’appétence à la vue des rayons alimentaires. Au contraire, une sensation de satiété est présente dans la gorge et l’estomac ainsi qu’un bien-être général, et la disparition progressive de symptômes tels que migraines, écoulement nasal, fatigue, raideurs articulaires, troubles intestinaux. J’ai procédé à un lavement. Eh oui, cette pratique ancestrale a bien des vertus et elle n’est pas seulement réservée à nos frères gays… Comme beaucoup de mes contemporains, j’ai les intestins fragiles et « irritables », à cause du blé transgénique notamment, et ce repos leur est salutaire. Je marche et fais des asanas régulièrement, je veille aux signes de refroidissement. Je me sens d’humeur égale et légère, confiante. 

Cette trêve alimentaire me permet de revisiter les mémoires associées à la privation de nourriture, toutes liées à la peur de mourir. En fait, quels sont les véritables besoins de notre corps physique ? De l’eau pure, de l’air pur, de l’exercice, et produire du glucose, des protéines et des lipides. Au bout d’une journée de jeûne, le foie (s’il est en bon état) fabrique tout ce qui est nécessaire. J’ai l’intuition que le corps sait utiliser un autre carburant que les aliments solides. Je lui redonne l’information et le rassure. Il puise alors directement dans le réservoir illimité de la lumière environnante, comme les plantes. Le corps est innocent, docile, quand il se sait aimé. 

Je ne sais toujours pas jusque quand cette aventure se prolongera. Je fais confiance et je me sens en sécurité. TOUT VA BIEN ! 

“Lokah samasta sukhino bhavantu” Que toutes mes pensées, view
paroles et actions contribuent au bien-être de tous.

L’humanité est un corps, une conscience, une âme. Rien n’existe de façon séparée, c’est une illusion d’optique temporaire, un jeu de réflection. Tout ce qui est ignoré dans notre monde intérieur se retrouve un jour ou l’autre sous forme d’évènements dans notre vie. En fait, ce sont toutes les pensées auxquelles nous croyons qui se manifestent et créent notre réalité. D’où l’importance de voir ce qui est vraiment “nous”. Les pensées ne nous appartiennent pas. Aucune pensée n’est ”nôtre”, aussi agréable soit-elle. Prendre parti, c’est perdre un peu de notre souveraineté, de notre entièreté, c’est nous enfermer dans des concepts limités. Le Vivant se moque des concepts. 

Par orgueil, négligence, désespoir ou désœuvrement, nous laissons parfois entrer en nous beaucoup de choses qui se nourrissent de notre énergie vitale. C’est une sorte de transport en commun. D’où l’importance de “faire le ménage” et de ne pas laisser pousser des graines de baobabs qui risquent d’envahir la planète et même de la faire exploser un jour. 

Faire le ménage, c’est apprendre à repérer ce qui ne nous appartient pas, ce qui à terme, risque de nous envahir si nous ne sommes pas vigilants, et à désamorcer les bombes cachées à la cave ou au grenier. Par exemple, si je m’attache à cette pensée erronée (si je regarde bien, ce n’est pas vraiment ce qu’il s’est passé) “ma mère m’a abandonné”, je crée cela dans ma réalité et je vis dans la rancune et le sentiment d’abandon.

Anesthésiés, engourdis dans une fausse sécurité, un faux confort, nous ne voyons plus le danger potentiel et finissons par croire que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. “Un peuple heureux, rotant tout seul dans sa mangeoire…” dixit ce cher Léo. Alors, la Vie se sert de ce que nous avons négligé pour nous donner un électrochoc, une secousse salutaire pour nous réveiller, nous faire sortir de notre léthargie. 

Attention à ne pas faire d’amalgame, il s’agit d’arrêter de juger, soi, les autres, le monde, et d’être à l’écoute, de discerner avec amour. Exercice périlleux, s’il en est. Toute vie est sacrée et ce n’est pas parce qu’un être semble perdu qu’il faut le con-damner. Que de crimes sont commis chaque jour au nom de la morale et de fausses religions ! 

Il en va de même pour tous les éléments de notre monde intérieur que nous jugeons “mauvais”, impurs ou imparfaits. En quoi un brave cochon serait-il moins “pur” qu’un poulet ou un mouton ? Hein ? Toute vie est sacrée. Et mas-sacrer un animal demeure un acte qui engage notre responsabilité d’humain conscient. C’est un choix. Il importe de voir ce que nous ali-mentons et s’il est bien nécessaire de perpé-tuer autant de souffrances et de violence. 

Les guerres cesseront lorsque les humains cesseront de consommer des animaux. Utopique ? Voire… 

Accepter de croire que nous avons besoin de viande fait partie des arguments utilisés pour nous maintenir en captivité, dans l’ignorance de notre nature véritable. Après quarante années de végétarianisme volontaire, avec quand même à l’occasion, quelques exceptions pour de la volaille, du poisson ou des huîtres, j’ai été amenée cet hiver à me laisser tenter par quelques moules-frites et choucroutes garnies traditionnelles (difficile de renier certaines origines belgo-alsaciennes…) Le point positif, c’est que cela m’a fait sauter une forme d’intolérance, d’interdit que je m’étais imposée. J’ai aussi vu rapidement que je n’en avais nul “besoin” et que le fait de cautionner le massacre d’animaux innocents m’est insupportable.

Mais, trêve de balivernes… ne dit-on pas que la philosophie, si elle n’est pas vécue et incarnée n’est qu’une vaste fumisterie ?

“Lokah samasta sukhino bhavantu” Que toutes mes pensées, paroles et actions contribuent au bien-être de tous.

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REFLETS

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Il y a ce que nous savons être au-delà des apparences changeantes

Et parfois,

dans un regard, reconnaître cet immanent

saisi au vol, volé au temps, nous fait tomber amoureux de ce reflet,

oublieux que ce que nous voyons en l’autre est déjà en nous.

Si les miroirs n’existaient pas, notre apparence fugace

n’existerait-elle que dans le regard de l’autre ?

Sans l’enfant, il n’y a pas de père, ni de mère.

C’est l’enfant, fruit de leur union, qui les fait naître père et mère.

Peut-être qu’en regardant l’autre vraiment, nous nous faisons exister mutuellement.

L’Un retourne à l’Un.

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VIVRE DE LUMIÈRE ET D’EAU PURE

Onzième jour sans nourriture solide… Je n’avais aucune idée en tête avant d’entamer ce qui me paraissait être une pause de fin d’hiver. Depuis quelque temps,  je ne savais plus quoi manger. J’arrivais au magasin, faisais le tour des rayons et rien ne me faisait envie. C’est venu tout seul, sans effort. Depuis l’âge de vingt ans, ça me prend comme ça, une fois ou deux dans l’année, une cure de raisin ou de « rien ». Cela s’inscrit donc dans une continuité. Il y a deux ans, ça a duré trois semaines et j’ai repris parce que j’avais froid, et comme il ne restait plus beaucoup de graisse, je n’arrivais pas à me réchauffer, malgré les bouillottes. Donc, le bon sens m’a dit qu’il était temps de me réalimenter. J’ai depuis pris conscience que la plupart du temps, je mangeais sans faim, uniquement pour nourrir l’émotionnel ou partager entre amis. C’est l’occasion de se rendre compte à quel point la nourriture peut devenir une forme d’addiction, une dépendance dont on peut guérir par un sevrage. Ce peut aussi être une forme d’autodestruction.

P1050855En vrai, nos aliments sont de la lumière, et il est possible que notre corps physique puisse l’absorber en direct, sans passer par la case « solide ». C’est en tout cas l’expérience qui se vit maintenant ici, dans ce corps. Je ne peux en aucun cas la recommander comme panacée universelle ! Je ne sais pas non plus combien de temps elle se fera, ni si elle est définitive. C’est très agréable, et quel soulagement de ne plus avoir à cuisiner ! Quelle liberté et quel gain de temps, aussi…

Et puis, participer à faire reculer les limites du possible et dépasser de vieilles croyances, cette idée me plaît bien !

SUITE DU FEUILLETON

Quinzième jour sans nourriture solide. Depuis le vendredi 12 février, je n’ai absorbé que de l’eau, et quelques jus de fruits et de carottes. Je n’ai aucune sensation de faim, ni d’appétence à la vue des rayons alimentaires. Au contraire, une sensation de satiété est présente dans la gorge et l’estomac ainsi qu’un bien-être général, et la disparition progressive de symptômes tels que migraines, écoulement nasal, fatigue, raideurs articulaires, troubles intestinaux. J’ai procédé à un lavement. Eh oui, cette pratique ancestrale a bien des vertus et elle n’est pas seulement réservée à nos frères gays… Comme beaucoup de mes contemporains, j’ai les intestins fragiles et « irritables », à cause du blé transgénique notamment, et ce repos leur est salutaire. Je marche et fais des asanas régulièrement, je veille aux signes de refroidissement. Je me sens d’humeur égale et légère, confiante. 

Cette trêve alimentaire me permet de revisiter les mémoires associées à la privation de nourriture, toutes liées à la peur de mourir. En fait, quels sont les véritables besoins de notre corps physique ? De l’eau pure, de l’air pur, de l’exercice, et produire du glucose, des protéines et des lipides. Au bout d’une journée de jeûne, le foie (s’il est en bon état) fabrique tout ce qui est nécessaire. J’ai l’intuition que le corps sait utiliser un autre carburant que les aliments solides. Je lui redonne l’information et le rassure. Il puise alors directement dans le réservoir illimité de la lumière environnante, comme les plantes. Le corps est innocent, docile, quand il se sait aimé. 

Je ne sais toujours pas jusque quand cette aventure se prolongera. Je fais confiance et je me sens en sécurité. TOUT VA BIEN ! 

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LIVRES PUBLIÉS

Je viens de procéder à une réédition de mes deux livres : 

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Pour les commander : http://www.thebookedition.com/livres-chrystelle-auteur-20535.html

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ÊTRE

Ce corps ne m’appartient pas,  c’est la Terre qui me le prête.

Ces pensées ne m’appartiennent pas, elles ne font que passer.

Ces émotions ne m’appartiennent pas, elles ne font que traverser.

lotus bleu 2

Alors que reste-t-il ?
Quelque chose d’indicible, si léger, à peine perceptible…

« Isness » = Ce qui est

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GRISAILLE

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Ça, c’est ce que je vois de la fenêtre …

Gris sur gris, mind ça tombe bien, aujourd’hui, j’ai enfilé des vêtements gris. Assortis au temps qu’il fait. Je suis sortie, j’ai fait démarrer la R5 vintage (si elle reste une journée au repos, c’est le repos éternel) et suis rentrée, un vent glacé me pinçait le nez (et les guibolles aussi). Bon, ok, j’irai pas batifoler dans la colline ! Passé l’effet douche froide, si je n’embraye pas sur les idées grises qui pointent le bout de leur nez, qu’est-ce qui est présent ici, dans cet espace vide nommé « moi » ? Le cœur bat, les poumons respirent, le sang circule, les jambes marchent, les sens fonctionnent, tout va bien ! S’il n’y a pas de jugement, que c’était mieux hier, que c’est un temps de merde, que les gens font grise mine, etc. TOUT VA BIEN. Je suis vivante, et ça, c’est inestimable ! Il y a de la place pour toutes sortes d’expériences… quelque chose est là, inébranlable, intouché, quelle que soit l’ambiance.

L’attention se pose, ici ou là, légère comme une plume… les nuages passent…

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NAÎTRE

Archange-Gabriel

Comment se fait-il que naître sur Terre soit si effrayant ? Sommes-nous donc devenus si étrangers à la Vie pour que ce passage soit à ce point marqué d’interdits et de peurs ? Pourquoi tant de jeunes parents se précipitent-ils à l’hôpital le plus proche et remettent leurs vies entre les mains de médecins, débordés, aussi effrayés qu’eux, sinon plus ? Alors qu’ils sont en parfaite sécurité chez eux, dans le nid où ils ont conçu leur enfant, dans l’intimité de leur amour ? Toutes ces questions me viennent parce que j’ai moi-même traversé cela trois fois, en donnant naissance à mes enfants, la dernière à la maison sans aide médicale, et je comprends leur situation pour l’avoir vécue. 

Entendons-nous bien, je ne prône pas le retour à l’accouchement sauvage, ni ne suis une inconditionnelle de la naissance à domicile. Je souhaite juste témoigner de ce qu’il m’a été donné de vivre dimanche dernier. Si vous le voulez bien, je vais partager avec vous quelque chose de sacré, l’arrivée d’une âme dans un corps de chair et sa mise au monde. Ce qui est profondément humain est profondément spirituel. C’est de cela que je vais vous parler et rendre hommage aux merveilleux êtres qui ont eu ce courage extraordinaire d’affronter leurs peurs et de les dépasser. Ce sont des pionniers. Ils ouvrent la voie à ceux qui viennent.

Il me semble que tout l’équilibre repose sur la capacité de chacun à assumer pleinement son rôle. Le mien a été d’être là au bon moment, de transmettre, de rassurer, de soutenir. Je les remercie de m’avoir fait confiance et permis de vivre cela avec eux. En fait, ma présence auprès d’eux n’était pas prévue au programme, ils s’étaient préparés à être autonomes.

Bien avant et tout au long de la grossesse, nous avons beaucoup partagé en profonde amitié, et je les avais assurés qu’en cas de besoin, ils pouvaient m’appeler à toute heure du jour ou de la nuit. Donc je n’ai pas été surprise d’apprendre que le travail avait commencé la veille au soir. Ils me disaient avoir besoin de baume du tigre pour soulager le dos de la maman. Je suis allée leur porter et j’ai tout de suite pris conscience de ce qu’il convenait de faire. 

Les paroles justes, les gestes justes, tout a pris place dans la confiance et l’amour. La Grande Mère veillait sur eux, je n’avais qu’à me laisser guider, être à l’écoute, laisser œuvrer notre sagesse naturelle, aider à lever les dernières résistances, apaiser les doutes, ouvrir le passage à ce petit corps. Tout en ayant conscience que nous étions tous quatre sur le fil du rasoir. Ne pas laisser la peur, les émotions prendre les rênes, les accueillir et les laisser se fondre dans l’amour. Nous étions accompagnés, entre le ciel et la terre, une porte était ouverte.

Ce qui effraye tant, c’est l’intensité. On ne lutte pas contre un océan en furie. La peur de souffrir, l’urgence de transmuter la douleur en plaçant notre attention dans la sensation physique, rien que là, lever les étiquettes mentales, ne pas qualifier, juste ressentir et être avec cette intensité gigantesque qui est là, dans les reins, dans le ventre, se laisser emporter, ne pas résister. C’est résister qui fait souffrir. Et la douleur apprivoisée se transforme alors en extase. La mère traverse une intiation majeure, le père aussi. D’instinct, il protège, il s’offre à sa compagne, tel un rocher sur lequel s’appuyer. Il affronte avec elle ses démons intérieurs, sa fureur contre des générations d’hommes qui ont asservi et privé les femmes de leur puissance créatrice, et les ont condamnées à enfanter dans la douleur depuis si longtemps que c’est passé pour une vérité dans la conscience collective. 

La colère ancestrale des femmes, castrées de leur puissance instinctive, réduites à une forme d’esclavage sexuel est contactée au passage, car toute femme doit l’affronter un jour ou l’autre pour s’en libérer, pardonner et retrouver la puissante déesse qu’elle est. Coupée de ses instincts naturels, elle s’en remet à son mental, bien incapable de gérer une telle situation et c’est la panique à bord… 

La malédiction du « Tu enfanteras dans la douleur » n’aurait-elle pas été inventée par les hommes pour justifier leur propre incapacité à aimer les femmes dans leur puissance créatrice divine et donc leur propre féminité à eux ? Et toute femme qui enfante rencontre ces démons générés par la peur, l’égoïsme masculin et son propre déni de sa divinité. Pas étonnant que le système patriarcal se soit approprié le droit de contrôler les naissances ! 

Quand la petite tête chevelue apparaît, une dernière vague amène ce petit corps dans l’eau jusqu’au rivage. Tremblants, émerveillés, nous contemplons ce miracle de la Vie… gratitude infinie… ouf ! ils ont traversé, ensemble, sains et saufs… instant de grâce où tout s’efface, ne demeure que la Joie d’être en vie, rires et larmes mêlés.

Unité retrouvée…

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