Extraits de séances

De l’autre côté du miroir

Lors de la phase allongée, après une brève relaxation, nous sommes invité(e)s  à laisser libre cours à notre imagination et à « penser tout haut », en associant librement toutes les images qui se présentent à nous. Voici quelques extraits de séances :

« Je suis minuscule, tellement petite que je peux même glisser sous la porte… Là, je suis passée dessous et je redeviens ce que je suis, c’est à dire Tout, et là-bas, il y a cette infime, infime, infime, petite parcelle d’irréalité, qui fait partie du Tout que je suis, de la Conscience que je suis… (bruit de craquement) c’est comme une croûte qui sort de mon cœur, comme une… voilà, quelque chose qui se brise… et ça resplendit, c’est un cœur vivant, qui brille… j’ai l’impression de me réveiller d’un rêve, comme jamais… c’est un cœur de lumière, de chaleur, d’amour, c’est ça qui a fait éclater cette gangue, tout à coup, et j’ai l’impression d’être bien, loin de tous ces cauchemars effrayants… »

« Là, je suis à l’écoute. Je vois un funambule sur son fil, avec un long bâton entre les mains… il est très très haut, on voit les toits des maisons, les maisons, il est au-dessus des maisons… il avance en équilibre… il passe d’une rive à l’autre, c’est très instable, il y a un grand danger… au moindre faux-pas, il tombe et il meurt… y’a son coeur qui bat la chamade, c’est comme un tambour dans sa poitrine qui rythme ses pas et il n’a pas peur, il est entièrement dans le pas qu’il fait, il est entièrement dans le battement de son coeur, son corps est détendu, y’a pas de crispation… il est sûr de lui, il a confiance… il aime la vie… il aime l’air qui le porte, il aime son fil qui l’empêche de se fracasser au sol… il aime le rayon de soleil qui vient lui chauffer le visage, les mains, tout son corps… il se sent aimé… c’est la vie qui le porte, suspendu entre terre et ciel… son regard est sur l’horizon et il avance… »

« Je vois des briques… un mur… l’expression « être au pied du mur »… c’est très bizarre, un mur au milieu de nulle part, c’est quoi ? une interdiction de franchir ? je suis libre de ce côté-ci, je peux pas aller de l’autre côté, je connais, je m’ennuie ici, je m’emmerde, par curiosité, je voudrais bien aller de l’autre côté, je m’emmerde trop ici… par contre ce mur, il a l’air infranchissable, il a l’air pas très haut… faut que j’attende, ça sert à rien d’essayer de le franchir, il y a une solution qui va apparaître, j’ai confiance, je sais qu’il y a toujours une solution… je peux devenir immense et je peux enjamber le mur, ce serait une solution ou devenir toute petite et passer en-dessous, mais faudrait creuser, c’est pas très drôle, je peux aussi simplement passer au-travers… faire comme si ce mur était pas solide… en fait, je tâte avec la main, ça a l’air fait de briques, mais est-ce que c’est vrai ? Effectivement, c’est juste du papier, je fais un trou, je peux l’agrandir, je déchire le papier et je me retrouve de l’autre côté… c’est déjà plus vivant… y’a de l’herbe, tout est vivant, c’est palpable, l’air, tout est vivant… j’ai l’impression que je fais partie de ça, alors que de l’autre côté j’avais l’impression d’être étrangère, incongrue dans le paysage, alors que là, je fais partie du paysage, je suis intégrée, y’a des petits animaux qui viennent me voir aussi, y’a une biche qui me regarde avec ses beaux yeux, comme celle que j’ai vue une fois dans une forêt, avec deux petits faons, trois petits faons, elle vient me les montrer, des écureuils aussi, toute une famille, je les vois sauter de branche en branche, ils viennent me voir, me donnent des noisettes, y’a des oiseaux, j’ai l’impression que c’est comme dans un film de walt disney, blanche neige ou la belle au bois dormant, je sais plus, c’est blanche neige, qui se retrouve la nuit dans la forêt, avec tous les animaux autour d’elle qui la réchauffent, elle a plus peur, elle est plus toute seule… voilà, je me sens bien, j’ai plein d’amis… des petits nains aussi, des êtres de la nature ils disent que je suis leur amie, ils sont mes amis je pourrai toujours compter sur eux, je sens qu’y a plus de tristesse, plus d’ennui, juste une joie sereine, une paix… là, y’a une rivière qui coule… je reste assise au bord de la rivière… je me baignerais bien, mais il fait un petit peu froid… dans l’air, y’a comme des grosses bulles de savon, et dans chacune, un paysage, je vois des maisons… là, je m’allonge, je suis un peu fatiguée, je crois que je vais m’endormir… »

« Là, je suis posée, les pieds par terre et je me sens bien, pleine de lumière. Je suis nue, les pieds par terre, dans l’herbe. J’ai l’impression que mon corps est bien vivant. Je reçois la chaleur du soleil, la chaleur de la terre et je suis entre les deux. Y’a des petites racines sous mes pieds et mes cheveux font comme des racines dans le ciel, et je suis bien là, ça circule bien. Je me sens heureuse, je suis contente d’être moi. Je m’aime bien, telle que je suis. J’ai envie d’embrasser tout ce que je vois. Je suis contente. Je dis merci à la vie d’exister, d’être là. Y’a des rires d’enfants, ça pétille, y’a plein de petites choses qui scintillent. »

Un autre mur le 20 Juin 2014 : sentiment d’être bloquée et de ne pas savoir quoi faire pour en sortir.

« Je suis allongée par terre au pied d’un mur. J’ai l’impression de camper au pied de ce mur que je n’arrive pas à franchir. J’aimerais bien aller voir de l’autre côté mais je ne peux pas, je suis coincée, je ne peux pas passer de l’autre côté. Y’a une impossibilité. C’est un mur très épais, très haut et j’ai peur de découvrir ce qu’il y a derrière, je suis pas sûre de ce que je vais y trouver. C’est là que je retrouve cette espèce de goût de « ça sert à rien ». J’ai baissé les bras, j’ai plus envie de bouger, je crois plus à rien. C’est pour ça que je campe au pied de ce mur et que ça tourne en rond (soupir). Je sais pas ce qui pourrait m’inciter, me motiver à aller voir de l’autre côté ? Peut-être que je suis pas bien finalement ici ? J’en ai marre d’être coincée au fond de cette impasse toute seule, ça a pas beaucoup de sens. C’est désert. Des fois, j’entends des chants, des choses qui me semblent vivantes qui viennent de l’autre côté. C’est comme si j’y avais pas droit, que ça m’était interdit, que c’est pas pour moi, que c’est trop beau, que je le mérite pas et que j’ai pas de chance, j’ai pas d’argent, je connais personne d’intéressant, j’ai pas d’ami, j’ai tout perdu, même mes enfants ne viennent plus me voir (soupir).

Je sais que c’est vain de vouloir creuser le mur, ou de vouloir l’escalader ou de vouloir creuser un tunnel en-dessous. J’attends le bon moment, c’est comme si ça venait jamais. Je sais pas quoi faire. Je sais rien. Je suis complètement impuissante, je sais pas quoi faire pour passer de l’autre côté. Comme si je faisais pas partie de la vie. De l’autre côté, c’est la vie, c’est coloré, ça bouge, c’est vivant. De ce côté-ci, c’est noir et blanc, glacé, c’est une absence.

Je me vois debout contre ce mur avec mes mains posées dessus (soupir). Ça peut durer longtemps. J’ai l’impression que je n’ai plus assez d’énergie pour passer de l’autre côté, que je suis condamnée à rester là. Je me mets à pleurer. J’ai des larmes silencieuses qui coulent. Je reste là, les mains plaquées sur ce mur, debout, c’est comme si au fur et à mesure que je pleure, les larmes faisaient fondre ce mur et que la chaleur de mon corps, de mes mains, faisait fondre la glace. C’est un mur de glace, en fait, des blocs de glace, comme des briques de glace, comme dans un igloo, sauf que c’est vertical. C’est opaque, je vois pas au-travers. À mesure que ça se réchauffe, la glace fond et je commence à voir au-travers. C’est la chaleur de mon cœur qui passe dans mes mains et qui fait fondre la glace. Là, je me rends compte que de l’autre côté, y’a quelqu’un qui fait la même chose que moi, et nos mains se touchent.

J’ai très mal aux vertèbres du cou, dans la nuque, ça fait mal. Le mot « arnica » qui vient. Y’a toute ma fatigue qui sort en ce moment, une énorme fatigue. Tout ce sentiment de tristesse, d’échec, est en train de partir au fur et à mesure que le mur se dissout. C’est remplacé par de la joie, de la sérénité, une paix profonde, vivante, pas stagnante, toujours en mouvement, une fluidité qui est pleine de vie.

Voilà ! ça y est, je suis passée de l’autre côté ! J’ai retrouvé… c’est comme si j’avais retrouvé la moitié qui me manquait. Des choses se remettent en place dans mon corps, la colonne vertébrale, la nuque, le ventre. J’ai l’impression de sortir d’un cauchemar ou d’une sorte de gangue qui me retenait prisonnière. Je sens à nouveau l’énergie qui circule, comme un poids qui est sorti. Je respire plus librement.

NB : En allant faire des courses juste après ce rêve, un petit enfant a couru vers moi et m’a enlacée de ses bras…

 

Comments are closed.