Libération de mémoire

Autoséance du 16/07/19

Voilà… j’ai vu une émission sur les violences faites aux femmes lors des accouchements et je me suis mise à pleurer. Je me suis vue injurier le ponte médecin qui minimisait ces actes, je suis entrée dans une colère énorme, explosive… Et j’ai enfin pu mettre des mots sur ce que j’ai vécu. En effet, je ne comprenais pas, car à ma connaissance dans cette vie, je n’avais jamais été violentée, agressée ou violée et pourtant, il y avait quelque chose d’enfoui, une colère énorme, et je ressentais de l’intérieur ce que ces femmes victimes de viol subissent. Alors, j’ai demandé à voir pour en avoir le cœur net.

Voici la transcription de la séance de REL qui a suivi cette prise de conscience.

Je revois tout ce que j’ai subi, la première fois, lors d’une fausse couche en 78, les soupçons à mon égard lorsque j’ai débarqué aux urgences au petit matin, en proie à une douleur insoutenable, et puis le curetage sans anesthésie. La culpabilité qu’ils essayaient de me faire avoir, alors qu’il s’agissait d’une fausse-couche spontanée, non-provoquée, ce n’était pas une tentative d’avortement… et ce curetage sans anesthésie, vécu comme une punition… je revis la douleur d’être pénétrée et grattée à l’intérieur par un grand escogriffe d’Africain, pas spécialement doux… comme si ma chair était mise à vif. Je revois les circonstances dans lesquelles ça s’est passé. Perte de l’innocence, sortie brutale du paradis… pendant la nuit, j’avais assisté la chatte de la maison lors de sa mise bas…

Puis la naissance d’Uriel, l’accouchement à l’hopital d’Evreux, dans les pires conditions, alors que j’avais prévu d’aller à Pithiviers chez le Docteur Odent, précurseur de la naissance sans-violence en France… la sage-femme antillaise qui remplissait des papiers, la jeune femme qui hurlait dans la pièce d’à-côté et moi, réduite à m’allonger sur cette table froide, j’avais tellement mal au dos… au moment où la tête d’Uriel sortait, elle a donné un coup de scalpel, sans prévenir, comme ça, à froid et j’ai hurlé de douleur, c’était atroce, atroce (sanglots) puis elle a recousu à vif (cri de douleur, sanglots, toux…) la douleur, c’était atroce, insupportable, pendant plusieurs jours après, pour marcher, faire pipi, je me sentais mutilée, blessée, j’avais l’impression d’avoir subi un viol, j’ai mal, j’ai mal, je ne pouvais pas dormir… je me sentais si seule… avec ce bébé qui avait tout le temps faim… Je vois toute la tristesse, sous la colère, le sentiment d’injustice, la consternation, toutes ces douleurs inutiles, l’incompréhension devant cette intervention inutile et non-consentie. Priver les femmes de leur souveraineté, c’est ça leur but, parce qu’ils ont peur…

Ma colère refoulée qui explose à l’écoute du discours et de l’attitude arrogante de ce ponte médical (président des gynécos) ma rage impuissante qui ressurgit enfin… je ressens tout cela, je l’accueille intégralement, j’accepte ce qui est, sans juger… je respire, je me sens libre et légère à présent ! Je suis vivante !

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