Un monstre protéiforme

Dans cet univers fictionnel persistant, les rois sont des prédateurs, des illusionnistes passés maîtres dans l’art de duper, de mentir, de régner en soufflant le chaud et le froid en se servant des autres et notamment des enfants. Pendant de longues années, j‘ai vécu sous l’emprise d’êtres au caractère manipulateur et destructeur, reflet extérieur d’une énergie intérieure que j’ignorais alors. Comme beaucoup de victimes de violences psychologiques, j’étais dans la confusion, je ressentais de la honte, de la culpabilité. Terrorisée, j’étais incapable de fuir ou de combattre et pour survivre, je me suis anesthésiée, j’ai oublié. Il m’a fallu vingt années pour oser sortir du déni et enfin mettre des mots sur ce dont j’ai souffert en silence. Cette autoséance m’a aidée à voir clairement ce qui a attiré ce type d’énergie dans ma vie et à me dégager de cette emprise. 

Partie 1 : J’ai l’impression que je suis dans un filet, par terre, avec des mailles toutes noires. Ça s’est resserré, je peux plus bouger. Je suis seule, il fait froid, il fait nuit. J’ai été capturée, prise au piège et je ne sais pas quoi faire pour en sortir. Je pourrais faire craquer ce filet mais c’est solide. Mon corps est parcouru de décharges, comme des décharges électriques. L’impression d’être condamnée à rester là, à crever là [le bruit de la respiration fait comme des vagues à l’océan, long silence, absence 20mn]

Je sais pas comment je suis arrivée là, sensation effrayante de ne pas pouvoir bouger, tétanisée. Si je bouge, ça resserre le filet [silence 40mn]

Je vois un crocodile.

Partie 2 : Y’a des crocodiles, des pierres, surtout un gros crocodile, avec sa gueule énorme, ses dents, ses yeux jaunes vitreux. Il guette sa proie. Là, je reviens sur l’être qui est pris dans un filet noir, plus il bouge, plus ça resserre. Là, il reste tranquille, il bouge plus, il n’y a aucun moyen qu’il s’en sorte [soupir]. Là, je le vois dans l’ensemble, c’est comme un zoom arrière et je vois que c’est juste une toute petite partie de moi qui est emprisonnée là-dedans. Faut faire très attention parce que, dès qu’on s’en approche, ça se resserre. Est-ce que je peux lui donner quelque chose pour qu’il se libère ? Je vois une paire de ciseaux pour couper le filet. Ça me rappelle les ciseaux que j’ai donnés. Donc, avec les ciseaux, il est en train de couper les mailles du filet. Faut qu’il se dépêche, sinon ça repousse au fur et à mesure. Ça marche pas ! En fait, c’est une araignée géante qui a tissé cette toile, ce filet. Faudrait que je tue l’araignée pour pouvoir le délivrer. [Éternuement] OK, là, je suis face à cette araignée géante [éternuement]. Elle a du venin, elle endort ses proies. Comment je vais faire ? Elle dort jamais, en fait. Peut-être qu’avec un aérosol plein d’acide, je pourrais l’atteindre… en fait, j’ai préparé un poulet, un truc qu’elle aime bien, et je mets du poison dedans, ça va la faire mourir, le poison, c’est de l’arsenic, non, c’est un poison inodore, qu’elle ne détecte pas. Elle se dessèche complètement. C’est très difficile de bouger, y’a encore une espèce de léthargie, quelque chose d’étouffant qui empêche de bouger. Très difficile… pénible… et là, je commence à couper le filet. Faut faire très attention parce que le filet est rentré dans la peau. Je commence par un endroit où c’est pas serré. Faut y aller très doucement. Y’a la tête qui sort. C’est comme un fœtus, en fait. Il commence à se déplier.

Y’ a un autre être qui est pris dans une gangue de poisons, pris par le tabac, l’alcool, la drogue. C’est à cause d’un monstre qui le retient prisonnier. Ce monstre ressemble au gros de Starwars, à Jabba, avec un narguilé. Faut que je tue ce monstre. J’ai pas la force. J’ai pas la force [sanglots] je demande de l’aide, parce que j’en peux plus. [sanglots, halètements]. OK, j’essaie de faire quelque chose, je deviens très grande, au-dessus de lui, je lui lance du gaz neutralisant et puis après, avec le poignard je le tue, dans le cœur. Il se dégonfle et après avec le poignard, j’enlève la gangue autour de l’être. C’est pareil, en fait, comme s’il naissait, comme une naissance, j’ai mal dans le bas du dos. Il est tout petit, tout chétif, tout maigre. Ça va.

Faut que je me dépêche, parce qu’il y a encore une autre forme… Elle est ensorcelée, elle continue à vivre comme si tout était normal, en fait, elle est ensorcelée, prisonnière, en ayant l’impression d’être libre. Elle a beau aller au bout du monde, y’a encore quelque chose. Je lui montre quel monstre la retient prisonnière : un monstre d’insensibilité, d’égoïsme, de destruction et de non-amour. Elle est prise dans des fils invisibles. Je lui montre ce qu’elle est, en-dehors de ça : une femme forte, équilibrée, créatrice, libre. Et je l’aide à couper tous les liens nocifs qui la lient à son père et aux hommes. [Halètements] Ah, elle se réveille, elle sort de son sommeil, elle est libre, elle sort de cette matrice, de ce conditionnement, de cette emprise, elle est libre. Oh, ça fait mal (bas du dos). Une énorme lumière, un rayon de lumière dorée qui balaie tout ça, un rayon vert aussi [baillements]. Je demande de l’aide. Je demande de l’aide au Ciel et à la Terre pour guérir de tout ça, pour guérir de cet esclavage, pour oser vivre libre. [35mn]

Symbole du crocodile : Incarnation de Seth, le reflet négatif d’Osiris. La mort et sa soudaineté, l’impitoyable fatalité du destin. Rupture, brutalité. Fantasme de castration. Destruction. Réhabilitation de la combativité, de la force de vie, libérée de l’action castratrice des sentiments de culpabilité. Et cela me fait penser au prénom d’une grand’mère, côté paternel : Odile. Aurait-elle été « croquée » ?

L’araignée : Angoisse métaphysique. Tentation masochiste de s’autodétruire. Narcissisme. Complaisance envers des mécanismes destructeurs. Refoulement de l’anima. Relation dysfonctionnelle aux parents, voire œdipe inversé.

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