VOIR

L’enfant qui se sent abandonné a tendance à chercher l’amour là où il n’est pas, auprès de personnes incapables d’aimer, trop préoccupées d’elles-mêmes ou caractérielles. C’est comme une peur d’être à nouveau privé de cet amour légitime auquel tout enfant humain a droit. Une mauvaise habitude qui devient une tendance masochiste (se priver de ce qu’on aime le plus de peur de souffrir à nouveau).

Et l’enfant devenu adulte continue de se tourner vers ceux et celles qui sont le moins en mesure de l’accueillir et de combler son besoin d’amour, d’échanges vrais, ce qui ouvre la porte à toutes sortes d’abus et de dépendances.

Comment sortir de cet état ?

Déjà le reconnaître en toute sincérité et voir les compensations comme une tentative désespérée de laisser circuler la force vitale, de combler le vide affectif et de calmer le sentiment d’insécurité.

Abuser (consommer exagérément) de la nourriture, de boissons alcoolisées, de drogues, de travail, de sexe, d’exercices physiques etc.) est souvent le signe rendu visible d’un abus, sexuel ou autre, subi dans l’enfance et occulté. J’ai été abusé(e) et donc j’abuse. Je deviens dépendant parce que je n’ai pas pu empêcher cet abus, en raison de mon ignorance, par peur, lâcheté ou convention sociale. J’en éprouve une grande colère, de la honte, de la culpabilité et donc je me punis ainsi, en cherchant à détruire ce qui me fait souffrir.

C’est en fait l’indication que j’ai quelque chose à me pardonner, à accepter comme étant la réalité. J’accepte parce que je n’ai pas pu faire autrement à ce moment-là. C’est ce qui est, la réalité des faits. J’en suis responsable, mais non coupable. Et la réponse la plus intelligente que je puisse faire, c’est de retrouver mon intégrité naturelle. Les symptômes ressentis me montrent le chemin de la guérison. Pardonner, c’est se pardonner d’avoir agi ainsi, voire subi, afin d’être en paix et de retrouver l’unité intérieure. Cesser de se battre contre soi-même, contre sa réalité.

Car il n’y a pas de hasard. Ce qui m’arrive n’est jamais le fruit du hasard. Si j’attire à moi un individu de type « pervers narcissique », manipulateur, menteur et utilisateur, quelle en est la raison ? Qu’ai-je à comprendre dans cette expérience douloureuse ? Est-ce atavique, héréditaire ? Toute épreuve contient en elle le germe d’une guérison, si elle est acceptée et dépassée. Vais-je haïr cet homme pour le mal qu’il a causé et empoisonner ainsi le reste de ma vie ? La haine étant la colère des lâches, vais-je me laisser détruire à petit feu ?

Je ne peux rien pour lui, de toute façon. Ce genre de maladie est incurable, car le pervers rejette toujours sur l’autre sa propre responsabilité, il a toujours raison. C’est en fait un malade qui s’ignore et donc, il ne demande jamais pardon pour le mal qu’il fait subir à son entourage. Il est incapable d’aimer, car il est victime, lui aussi, d’un déficit d’amour parental. Pour survivre, il a développé une stratégie de prédateur. Il ne peut y renoncer sous peine de voir son fragile univers s’effondrer. Donc, il survit en trouvant d’autres victimes pour perpétrer ses abus et se nourrir de leur énergie. À moins d’un miracle ou d’un grand choc, il continue à sévir impunément et à déjouer la justice, à l’abri de sa façade sociale.

Ce que je peux faire, c’est l’identifier et m’en tenir éloigné(e). Me donner tout l’amour dont j’ai besoin, comprendre et guérir mes blessures, être vivant(e), être heureux (se).

La maladie EST toujours une solution, la meilleure que j’ai pu trouver, pour guérir. Je l’accueille donc en amie. Je cesse de voir mes symptômes comme des problèmes auxquels je dois trouver rapidement une solution extérieure, pour m’en débarrasser au plus vite.

Nos expériences, aussi difficiles soient-elles, sont toujours là pour notre bien, car elles nous font évoluer et nous les avons attirées à nous dans ce but.

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