VESTIGES

Face aux séquelles d’un divorce, je constate l’étendue des dégâts collatéraux occasionnés par une séparation familiale mal vécue. Voici comment je perçois cela aujourd’hui :

Comme il est impossible de revenir en arrière, il est dans un premier temps nécessaire d’accepter ce qui a été fait et comment cela a été fait. Chaque parent assume ses actes et sa responsabilité, en toute honnêteté et en conscience, sans accuser l’autre ni le démolir aux yeux des autres. Essayer de comprendre la situation qui a mené à cette décision.

Rassurer les enfants, leur dire qu’ils ne sont pas responsables des actes de leurs parents, et qu’ils ne sont aucunement responsables du fait qu’ils se séparent. Pour protéger l’un des parents, voire les deux, il arrive souvent que les enfants s’accusent de leur séparation, car leur survie est en jeu et un réflexe vital les pousse à se sacrifier pour préserver la cellule familiale, en somatisant. Parfois, l’un des enfants joue ce rôle et se charge du poids de la culpabilité pour permettre aux autres d’aller mieux. Tout sentiment de culpabilité engendre une souffrance qui peut être vue comme le prix à payer pour être aimé, quitte à s’autodétruire.

L’enfant peut commencer à guérir du trauma occasionné par le divorce de ses parents seulement après avoir pu ressentir et exprimer sa colère, sa tristesse, ses regrets, sa peur, et après avoir vu qu’il cherchait à protéger l’un ou les deux parents en se rendant responsable de leur séparation. Il peut alors enfin leur rendre la responsabilité qui leur appartient et se libérer de ce poids inutile.

Les enfants ne sont jamais responsables, et encore moins coupables, des actes de leurs parents.

Ce processus de guérison est similaire lorsqu’il y a séparation d’avec un groupe, surtout s’il s’agit de ce qui est vécu comme une famille « spirituelle ». L’appartenance à ce groupe est tellement forte que celui ou celle qui le quitte culpabilise et prend sur soi toute la responsabilité qui incombe parfois à ses dirigeants, notamment celui qui s’est investi du rôle de « gourou », parent de substitution en quelque sorte, et paré de toutes les vertus. Il importe de voir avec lucidité quelle est la part de responsabilité de chacun dans les difficultés rencontrées.

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