ALTÉRITÉ

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ALTÉRITÉ

“L’autre”, lorsqu’il nous devient insupportable, there
nous révèle en fait ce que nous ne voulons ou ne pouvons pas encore voir en nous. Ce que nous avons enfoui, faute de comprendre sa manifestation. Pourquoi ? Notre jugement l’avait exclu de notre champ conscient, nous ne l’avions pas trouvé digne de notre compagnie. Et nous passons notre temps ensuite à coller des étiquettes pour justifier le bien-fondé de cette exclusion, qualificatifs reçus comme des malédictions réductrices : “Schizo”, “homo”, “mytho”, “barjo”, “nympho”, “parano”, “toxico”, tous ces maux dont “l’autre” devient le bouc-émissaire. Cela crée encore et encore de la souffrance et des catégories “infréquentables” et ne sert aucunement la Vie . L’autre, ce prodigieux miroir offert à notre regard, finit par disparaître, privé de notre amour et nous, nous avons juste perdu une belle occasion de nous aimer davantage. Ce sera pour une prochaine fois, peut-être, car la Vie, dans son immense bonté, va nous le représenter jusqu’à ce que nous acceptions avec gratitude ce reflet brisé de nous-mêmes.

Si nous observons ce processus au sein d’un groupe ou d’une famille, nous retrouvons cette tendance exacerbée par la proximité, les liens de sang, les influences génétiques. Très souvent, l’un des membres est le malade désigné qui porte la charge émotionnelle du groupe, le bouc émissaire envoyé au désert, chargé des “péchés” famiiaux. La santé apparente de la cellule est ainsi préservée. Quand celui ou celle qui joue ce rôle cesse de le faire, le reste du groupe essaie de l’y maintenir, parce que le fragile équilibre est rompu. Toute tentative de guérison est en fait sévèrement réprimée car elle met en danger le statu quo de l’ensemble. Il arrive aussi que le malade désigné soit partagé entre son désir de guérison et sa fidélité à la cellule familiale archaïque. Il s’est mis dans la peau de la victime consentante qui, par amour, se sacrifie pour le groupe. Il a cru que cette idée “pour être aimé, je dois me sacrifier” était vraie, et bien sûr, comme toute croyance, celle-ci a tendance à rester, jusqu’à que nous la remettions en question.

Il existe une autre manière de sortir de cet engrenage : que chaque membre accepte d’aimer sa part d’ombre au lieu de la rejeter sur l’autre. Pourquoi ne l’appliquons-nous pas ? Sans doute parce que nous avons peur de changer, de quitter le connu, qui nous tient chaud, même s’il est toxique.

Comment se fait-il que nous soyons tous atteints de ces dysfonctionnements, de façon plus ou moins marquée ? En prenant un corps physique, nous avons tous pour objectif d’être ce que nous sommes, de manifester notre essence dans le monde physique. Notre âme attire à elle les circonstances qui lui permettront de réaliser au mieux cet objectif. En s’incarnant, elle oublie d’où elle vient, ce qu’elle est, et c’est donc un chemin initiatique qu’elle va parcourir, de remémoration (en anglais remember). Elle se “remembre”, reforme le tout qu’elle semble avoir quitté, elle rentre à la maison. Donc, la première blessure est celle de la séparation d’avec le tout. Cette blessure originelle va être interprétée, va se décliner en cinq nuances principales, qui forment les blessures existentielles dont nous héritons, chacun selon ses caractéristiques génétiques :

T = Trahison

R = Rejet

A = Abandon

H = Humiliation

I = Injustice

Ces blessures sont reconnaissables. Une fois démasquées, elles cicatrisent et cessent de nous attirer les situations récurrentes qui servaient à les alimenter. Nous pouvons alors voir nos “ennemis” d’hier comme ceux qui nous ont permis de révéler ces blessures cachées et d’y remédier. Nous ne leur en voulons plus de nous avoir fait subir ce que nous croyions être des mauvais traitements. Ils sont pardonnés comme nous nous pardonnons, car c’est grâce à eux que nous nous sommes retrouvés.

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