CONSCIENTISER AVEC AMOUR

Onzième jour sans nourriture solide… Je n’avais aucune idée en tête avant d’entamer ce qui me paraissait être une pause de fin d’hiver. Depuis quelque temps, je ne savais plus quoi manger. J’arrivais au magasin, faisais le tour des rayons et rien ne me faisait envie. C’est venu tout seul, sans effort. Depuis l’âge de vingt ans, ça me prend comme ça, une fois ou deux dans l’année, une cure de raisin ou de « rien ». Cela s’inscrit donc dans une continuité. Il y a deux ans, ça a duré trois semaines et j’ai repris parce que j’avais froid, et comme il ne restait plus beaucoup de graisse, je n’arrivais pas à me réchauffer, malgré les bouillottes. Donc, le bon sens m’a dit qu’il était temps de me réalimenter. J’ai depuis pris conscience que la plupart du temps, je mangeais sans faim, uniquement pour nourrir l’émotionnel ou partager entre amis. C’est l’occasion de se rendre compte à quel point la nourriture peut devenir une forme d’addiction, une dépendance dont on peut guérir par un sevrage. Ce peut aussi être une forme d’autodestruction.

P1050855En vrai, nos aliments sont de la lumière, et il est possible que notre corps physique puisse l’absorber en direct, sans passer par la case « solide ». C’est en tout cas l’expérience qui se vit maintenant ici, dans ce corps. Je ne peux en aucun cas la recommander comme panacée universelle ! Je ne sais pas non plus combien de temps elle se fera, ni si elle est définitive. C’est très agréable, et quel soulagement de ne plus avoir à cuisiner ! Quelle liberté et quel gain de temps, aussi…

Et puis, participer à faire reculer les limites du possible et dépasser de vieilles croyances, cette idée me plaît bien !

SUITE DU FEUILLETON

Quinzième jour sans nourriture solide. Depuis le vendredi 12 février, je n’ai absorbé que de l’eau, et quelques jus de fruits et de carottes. Je n’ai aucune sensation de faim, ni d’appétence à la vue des rayons alimentaires. Au contraire, une sensation de satiété est présente dans la gorge et l’estomac ainsi qu’un bien-être général, et la disparition progressive de symptômes tels que migraines, écoulement nasal, fatigue, raideurs articulaires, troubles intestinaux. J’ai procédé à un lavement. Eh oui, cette pratique ancestrale a bien des vertus et elle n’est pas seulement réservée à nos frères gays… Comme beaucoup de mes contemporains, j’ai les intestins fragiles et « irritables », à cause du blé transgénique notamment, et ce repos leur est salutaire. Je marche et fais des asanas régulièrement, je veille aux signes de refroidissement. Je me sens d’humeur égale et légère, confiante. 

Cette trêve alimentaire me permet de revisiter les mémoires associées à la privation de nourriture, toutes liées à la peur de mourir. En fait, quels sont les véritables besoins de notre corps physique ? De l’eau pure, de l’air pur, de l’exercice, et produire du glucose, des protéines et des lipides. Au bout d’une journée de jeûne, le foie (s’il est en bon état) fabrique tout ce qui est nécessaire. J’ai l’intuition que le corps sait utiliser un autre carburant que les aliments solides. Je lui redonne l’information et le rassure. Il puise alors directement dans le réservoir illimité de la lumière environnante, comme les plantes. Le corps est innocent, docile, quand il se sait aimé. 

Je ne sais toujours pas jusque quand cette aventure se prolongera. Je fais confiance et je me sens en sécurité. TOUT VA BIEN ! 

“Lokah samasta sukhino bhavantu” Que toutes mes pensées, view
paroles et actions contribuent au bien-être de tous.

L’humanité est un corps, une conscience, une âme. Rien n’existe de façon séparée, c’est une illusion d’optique temporaire, un jeu de réflection. Tout ce qui est ignoré dans notre monde intérieur se retrouve un jour ou l’autre sous forme d’évènements dans notre vie. En fait, ce sont toutes les pensées auxquelles nous croyons qui se manifestent et créent notre réalité. D’où l’importance de voir ce qui est vraiment “nous”. Les pensées ne nous appartiennent pas. Aucune pensée n’est ”nôtre”, aussi agréable soit-elle. Prendre parti, c’est perdre un peu de notre souveraineté, de notre entièreté, c’est nous enfermer dans des concepts limités. Le Vivant se moque des concepts. 

Par orgueil, négligence, désespoir ou désœuvrement, nous laissons parfois entrer en nous beaucoup de choses qui se nourrissent de notre énergie vitale. C’est une sorte de transport en commun. D’où l’importance de “faire le ménage” et de ne pas laisser pousser des graines de baobabs qui risquent d’envahir la planète et même de la faire exploser un jour. 

Faire le ménage, c’est apprendre à repérer ce qui ne nous appartient pas, ce qui à terme, risque de nous envahir si nous ne sommes pas vigilants, et à désamorcer les bombes cachées à la cave ou au grenier. Par exemple, si je m’attache à cette pensée erronée (si je regarde bien, ce n’est pas vraiment ce qu’il s’est passé) “ma mère m’a abandonné”, je crée cela dans ma réalité et je vis dans la rancune et le sentiment d’abandon.

Anesthésiés, engourdis dans une fausse sécurité, un faux confort, nous ne voyons plus le danger potentiel et finissons par croire que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. “Un peuple heureux, rotant tout seul dans sa mangeoire…” dixit ce cher Léo. Alors, la Vie se sert de ce que nous avons négligé pour nous donner un électrochoc, une secousse salutaire pour nous réveiller, nous faire sortir de notre léthargie. 

Attention à ne pas faire d’amalgame, il s’agit d’arrêter de juger, soi, les autres, le monde, et d’être à l’écoute, de discerner avec amour. Exercice périlleux, s’il en est. Toute vie est sacrée et ce n’est pas parce qu’un être semble perdu qu’il faut le con-damner. Que de crimes sont commis chaque jour au nom de la morale et de fausses religions ! 

Il en va de même pour tous les éléments de notre monde intérieur que nous jugeons “mauvais”, impurs ou imparfaits. En quoi un brave cochon serait-il moins “pur” qu’un poulet ou un mouton ? Hein ? Toute vie est sacrée. Et mas-sacrer un animal demeure un acte qui engage notre responsabilité d’humain conscient. C’est un choix. Il importe de voir ce que nous ali-mentons et s’il est bien nécessaire de perpé-tuer autant de souffrances et de violence. 

Les guerres cesseront lorsque les humains cesseront de consommer des animaux. Utopique ? Voire… 

Accepter de croire que nous avons besoin de viande fait partie des arguments utilisés pour nous maintenir en captivité, dans l’ignorance de notre nature véritable. Après quarante années de végétarianisme volontaire, avec quand même à l’occasion, quelques exceptions pour de la volaille, du poisson ou des huîtres, j’ai été amenée cet hiver à me laisser tenter par quelques moules-frites et choucroutes garnies traditionnelles (difficile de renier certaines origines belgo-alsaciennes…) Le point positif, c’est que cela m’a fait sauter une forme d’intolérance, d’interdit que je m’étais imposée. J’ai aussi vu rapidement que je n’en avais nul “besoin” et que le fait de cautionner le massacre d’animaux innocents m’est insupportable.

Mais, trêve de balivernes… ne dit-on pas que la philosophie, si elle n’est pas vécue et incarnée n’est qu’une vaste fumisterie ?

“Lokah samasta sukhino bhavantu” Que toutes mes pensées, paroles et actions contribuent au bien-être de tous.

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