Mémoire

Ce matin, une réflexion de ma voisine (92 ans) : « Hier, tout d’un coup, je ne savais plus en quelle année on est, 2018, 2019 ou 2020 ? » Avec de l’étonnement dans sa voix, et un soupçon d’inquiétude aussi, et si c’était…? Et se profile le spectre de cette maladie qui fait des ravages chez ses amies. Une autre voisine lui a dit que c’était une maladie au nom très exotique, quelque chose qui se termine par… titch. Et il me vient de la rassurer, de lui assurer qu’elle a une excellente mémoire, qu’elle n’est pas en train de « perdre la boule », car c’est ce qu’elle redoute le plus, comme la plupart des gens âgés : « C’est juste un trou de mémoire, ça arrive, c’est pas grave, y’a tellement de connexions dans le cerveau, des fois, ça saute une case. » Et on en rigole. 

Au fait, c’est quoi, la mémoire ? La capacité à stocker des infos et à les ressortir dans le bon ordre, au moment opportun ? Intéressant, justement, plus tôt ce matin, impossible de me rappeler les formules apprises récemment. Zou ! Envolées ! Rien que le silence. Eh oui, ça fait bizarre… et un peu peur aussi. Comme une perte d’identité, une incertitude soudaine, une peur que ça persiste – l’oubli – Plus de mémoire, plus de notion de temps. Comment gérer le quotidien ? Ça m’est arrivé un jour il y a 20 ans, impossible de me souvenir de mon nom, du code d’accès à la tirette, de l’adresse, pfuit… envolé tout ça !!! Je me sentais si légère, si neuve ! Rien derrière, rien devant, juste maintenant ! Et cette après-midi, une video cliquée par hasard m’a ramenée à Roubaix, où, paraît-il, une certaine Christelle a vécu ses 20 premières années, dans le quartier du Cul-de-Four et, ce n’est pas une blague belge, dans une boulangerie. Flash-back, une étrange sensation fait battre mon cœur plus vite, des odeurs me reviennent, une atmosphère familière – terrain connu – Fugace, ça glisse et disparaît.

Sans mémoire, le temps n’existe pas et sans anticipation, non plus. Reste l’infiniment bref, le présent immédiat, plein, qui se suffit à lui-même.

 

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Poème retrouvé

J’ai l’air d’être une femme

J’ai l’air d’être une mère de famille

J’ai l’air d’être faite de terre, d’eau, de feu, d’air

Je suis une parcelle d’Elle

A parcel of the Goddess

Un petit paquet de lumière

La Grande Mère y habite

Elle œuvre, elle ouvre tous les canaux,

Y ruisselle la Joie divine

Et la lumière d’Amour

Ce corps se fait docile et souple

Dans sa main douce.
« This is your liberation stage »

27/04/1985

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BIG BAZAR

Ce matin, ambiance très animée à Espé : passage du « Tour de France ». Dès 9:30, les voisins installent des fauteuils en plastique à l’entrée de l’impasse pour être aux premières loges. Vers 10:30, défilé hyper bruyant, bariolé et rapide d’une centaine de voitures et camions publicitaires aux couleurs des grandes marques-sponsors avec distribution de gadgets à la volée. Donc, les enfants (et les adultes…) gesticulent et acclament à grands cris les autos qui passent et en récompense, ils reçoivent quelques menus butins qu’ils s’empressent de thésauriser dans des pochons : casquettes, fanions, porte-clés, échantillons de saucisson, stylos, bonbons, et en prime, ils ont même droit à un jet de Vittel à la lance à incendie, sympa, non ? Deux candidats remportent tous les suffrages : les dodoches vichy rose et blanc de « cochonou » et les paquets géants des volailles « gauloises », va savoir, cocorico !!! Pauvres bêtes…

À 12:30, déboulent enfin sous les applaudissements les rescapés de l’épreuve. Ça dure dix minutes environ, ils sont suivis par une caravane de breaks surmontés d’une centaine de vélos (de rechange ?) Le tout est intercalé de véhicules flambant neuf de la gendarmerie nationale et de la police, de motards aussi, dans leur tenue du dimanche, ah oui ! Un hélicoptère survole le tout.

Peu avant 13:00, le soufflé retombe et chacun retourne à sa télé, pour continuer à les regarder « en direct ». C’est ça, l’esprit français ?

Et moi, je me demande : à quoi ça sert ? Je me surprends à calculer les millions que représente cette mascarade, et s’ils servaient à améliorer l’ordinaire des gens ? À leur offrir des bonnes conditions de vie ? À les aider à prendre soin d’eux ? Et s’il suffisait de dire « stop » pour que ça s’arrête de prendre les gens pour des cons ?

PS : En allant donner les épluchures aux poules, j’ai trouvé ça, dans l’herbe ! Combien d’années pour que la terre digère ce bout de plastique ?

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La violence du silence

 

Lorsque les mots sont interdits,

Lorsque la parole est rendue muette,

Prendre sur soi,

Ne pas dire,

Subir, souffrir

En silence,

Prendre patience…

Cette violence faite aux femmes

Depuis des millénaires,

Je l’ai vécue dans ma chair,

Et transmutée, transcendée,

Elle est aujourd’hui libérée.

Il est venu le temps du pardon des offenses,

de la bienveillance,

Car c’est le fruit de l’ignorance

De notre vraie puissance.

Pour qu’enfin enfanter

Soit une chance,

Un hymne à l’Amour, à la Joie

D’être et de transmettre

La Vie.

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Libération de mémoire

Autoséance du 16/07/19

Voilà… j’ai vu une émission sur les violences faites aux femmes lors des accouchements et je me suis mise à pleurer. Je me suis vue injurier le ponte médecin qui minimisait ces actes, je suis entrée dans une colère énorme, explosive… Et j’ai enfin pu mettre des mots sur ce que j’ai vécu. En effet, je ne comprenais pas, car à ma connaissance dans cette vie, je n’avais jamais été violentée, agressée ou violée et pourtant, il y avait quelque chose d’enfoui, une colère énorme, et je ressentais de l’intérieur ce que ces femmes victimes de viol subissent. Alors, j’ai demandé à voir pour en avoir le cœur net.

Voici la transcription de la séance de REL qui a suivi cette prise de conscience.

Je revois tout ce que j’ai subi, la première fois, lors d’une fausse couche en 78, les soupçons à mon égard lorsque j’ai débarqué aux urgences au petit matin, en proie à une douleur insoutenable, et puis le curetage sans anesthésie. La culpabilité qu’ils essayaient de me faire avoir, alors qu’il s’agissait d’une fausse-couche spontanée, non-provoquée, ce n’était pas une tentative d’avortement… et ce curetage sans anesthésie, vécu comme une punition… je revis la douleur d’être pénétrée et grattée à l’intérieur par un grand escogriffe d’Africain, pas spécialement doux… comme si ma chair était mise à vif. Je revois les circonstances dans lesquelles ça s’est passé. Perte de l’innocence, sortie brutale du paradis… pendant la nuit, j’avais assisté la chatte de la maison lors de sa mise bas…

Puis la naissance d’Uriel, l’accouchement à l’hopital d’Evreux, dans les pires conditions, alors que j’avais prévu d’aller à Pithiviers chez le Docteur Odent, précurseur de la naissance sans-violence en France… la sage-femme antillaise qui remplissait des papiers, la jeune femme qui hurlait dans la pièce d’à-côté et moi, réduite à m’allonger sur cette table froide, j’avais tellement mal au dos… au moment où la tête d’Uriel sortait, elle a donné un coup de scalpel, sans prévenir, comme ça, à froid et j’ai hurlé de douleur, c’était atroce, atroce (sanglots) puis elle a recousu à vif (cri de douleur, sanglots, toux…) la douleur, c’était atroce, insupportable, pendant plusieurs jours après, pour marcher, faire pipi, je me sentais mutilée, blessée, j’avais l’impression d’avoir subi un viol, j’ai mal, j’ai mal, je ne pouvais pas dormir… je me sentais si seule… avec ce bébé qui avait tout le temps faim… Je vois toute la tristesse, sous la colère, le sentiment d’injustice, la consternation, toutes ces douleurs inutiles, l’incompréhension devant cette intervention inutile et non-consentie. Priver les femmes de leur souveraineté, c’est ça leur but, parce qu’ils ont peur…

Ma colère refoulée qui explose à l’écoute du discours et de l’attitude arrogante de ce ponte médical (président des gynécos) ma rage impuissante qui ressurgit enfin… je ressens tout cela, je l’accueille intégralement, j’accepte ce qui est, sans juger… je respire, je me sens libre et légère à présent ! Je suis vivante !

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Notre-Dame de Paris

Ce matin, un courrier non- sollicité dans la boîte aux lettres, émanant d’une association au nom latin à l’emblème du Sacré Cœur. Il s’agit d’une pétition assortie d’un appel de fonds pour que le bâtiment soit reconstruit à l’identique. Voici la réponse que je leur ai envoyée dans l’enveloppe jointe prépayée :  L’incendie de Notre-Dame est un acte volontaire, cela ne fait aucun doute. Je suggère que les fonds récoltés soient distribués aux plus démunis. Ce qui respecte davantage l’esprit chrétien de partage et d’amour fraternel. Notre-Dame est dans notre cœur, pas dans un tas de pierres. Pour ma part, je ne me sens pas concernée par sa reconstruction, qu’elle soit à l’identique ou pas, aussi je vous demande de retirer cette adresse de votre liste d’envoi. Cordialement. 

 

 

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La Mouche

Poème de William Blake, visionnaire anglais qui disait «  if the doors of perception were cleansed everything would appear to man as it is, infinite » « Si les fenêtres de la perception étaient nettoyées, toutes choses apparaîtraient à l’homme telles qu’elles sont : infinies. »

La Mouche

Petite mouche,

Vous qui jouez tous les étés,

Sans considération, ma main

Vous a chassée.

Ne suis-je pourtant pas, comme vous, une mouche ?

N’êtes-vous pas, comme moi, humaine ?

Car je danse, bois et chante

Jusqu’à ce qu’une main aveugle me brise les ailes.

Si la pensée est la vie, la force et le souffle,

Et que la volonté de penser est la mort,

Alors je suis une mouche heureuse

Que je vive ou que je meure.

William Blake

Libre traduction Chrystelle

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maintenant

Les amandiers sont en fleurs, ça bourgeonne de partout et les oiseaux piaillent… le soleil brille et réchauffe la Terre, ça donne envie de sortir de la tanière et de gambader dans la nature.

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Ce que m’inspire le grand débat national

PROPOSITIONS AU GOUVERNEMENT dans le cadre du « grand débat »

L’humanité dans son ensemble vit actuellement une phase de changement, voire de bouleversement intense, similaire à celle d’un accouchement. Notre pays n’y échappe pas, comme en témoignent les diverses manifestations de colère et de lassitude face aux injustices sociales. De ce chaos peut naître une nouvelle conscience, à nous de l’accompagner afin que cette transition soit moins douloureuse. Il s’agit de passer de l’ego au cœur, de la prévalence égoïste liée à la course au pouvoir et à l’argent aux valeurs d’entraide et de solidarité, de bienveillance et d’égalité de chances pour tous. C’est davantage une évolution des mentalités qu’un rafistolage d’un système à bout de souffle qui est nécessaire.

Voici les propositions qui, à mon avis, pourraient faciliter ce passage et réduire les violences :

POLITIQUE :

– Modifier la constitution de manière à ce qu’elle reflète vraiment le peuple français. Pour ce faire organiser dans chaque commune une consultation civique et nommer des représentants compétents et intègres pour l’élaborer.

– Que les élus soient de vrais représentants du peuple et non des technocrates issus de la haute bourgeoisie et inconscients des besoins réels des citoyens. Je propose qu’ils soient nommés par l’ensemble de leurs concitoyens, et non qu’ils se présentent, comme c’est le cas actuellement, ainsi, ce seront leurs qualités de sagesse, d’intégrité et de dévouement au bien commun qui seront des critères de choix et non leur appartenance à une classe dirigeante ou leur passage à l’ENA. Cela limiterait l’accès à des personnalités imbues de pouvoir ou pouvant s’offrir une campagne. Je suggère aussi un test psychologique approfondi pour chaque candidat et une garantie de probité.

FINANCES :

– Un contrôle strict des dépenses de l’état sur les budgets prévisionnels par une commission de sages. La somme de 29000€ de frais de maquillage pour un président vous semble-t-elle justifiée, ainsi que le gardiennage d’une maison secondaire appartenant à sa femme par des fonctionnaires qui seraient bien plus utiles ailleurs ?

– Je suggère de supprimer tous les salaires et avantages réservés aux anciens présidents, ministres etc. et de contrôler le bien-fondé des indemnités et avantages fournis aux parlementaires et sénateurs. Réviser à la baisse les rémunérations de tous les membres du gouvernement.

– Supprimer le budget « armes » et le verser à l’éducation et à la santé, par exemple.

– Rétablir l’impôt sur les grandes fortunes et empêcher la fuite des capitaux. Cesser de prendre aux pauvres pour donner aux riches. Justice et équité. Il y a assez de richesses pour tous.

ÉDUCA TION

– Choix de l’éducation donnée aux enfants. Des méthodes pédagogiques efficaces existent, prendre exemple sur la Finlande. Intégrer l’apprentissage de la communication bienveillante entre enfants, parents et enseignants. Des cantines bio et locales. Des horaires respectueux du rythme biologique des enfants. Apprentissages manuels et écologiques dès le primaire. Vivre ensemble, dans le respect des cultures différentes. Créer une « école de la parentalité » afin d’accompagner les jeunes parents avec la possibilité d’un congé parental jusqu’à 3 ans.

SANTÉ

– Promouvoir la naissance naturelle, à la maison, chaque fois que c’est possible. Accompagner les parents dans ce choix. Cela libère des places à l’hopital et resitue la naissance dans son contexte : un événement naturel et non une maladie.

– Liberté de choix vaccinaux. Cesser de prôner la nécessité des vaccins, leur innocuité n’a jamais été prouvée, notamment dans le cas des vaccins associés, responsables de l’autisme ou de graves séquelles. Agir au cas par cas, et non par obligation, pour alimenter l’industrie pharmaceutique.

– Prévention et éducation à la santé naturelle, ce qui fera faire des économies substantielles à la Sécurité Sociale, à cause de l’abus des médicaments. Par exemple, ma voisine de 95 ans se voit prescrire une liste de 14 médicaments tous plus chers les uns que les autres et elle a subi une série d’opérations parfaitement inutiles.

– Légaliser le cannabis sans THC à usage thérapeutique.
– Pénaliser le tabac et l’alcool et encourager la prévention et l’arrêt. SOCIAL
– Généraliser le Revenu Universel de Base pour tout citoyen né en France.

– Gratuité des produits de première nécessité pour les personnes en précarité, mise à disposition dans chaque commune de logements gratuits financés par un travail associatif des personnes au chômage et de lieux dédiés à la culture de fruits et légumes collectifs, ainsi que des poulaillers.

– Accession à la propriété en réquisitionnant et en recyclant des logements inoccupés.

– Favoriser le lien social intergénérationnel par diverses activités (jardinage, jeux etc.) où les personnes retraitées pourraient partager leur savoir-faire.

– Fêtes multi-culturelles et échanges linguistiques entre les communautés. TRANSPORTS

– Mise à disposition dans chaque commune de véhicules électriques et lignes sécurisées d’auto-stop gratuit qui favorisent le lien social et rompent l’isolement, surtout en zone rurale.

– Supprimer tous les radars. Ils sont totalement inefficaces et ne servent qu’à engraisser certains proches du gouvernement. Investir cet argent dans la prévention et l’éducation aux risques liés à la consommation d’alcool et à la conduite dangereuse. Effectuer un contrôle régulier des conducteurs de plus de 70 ans. Responsabiliser au lieu de réprimer et racketter !

– Utiliser la limitation de vitesse au cas par cas et non de façon généralisée, s’en référer à l’expérience du terrain des usagers et des élus de chaque département. Supprimer le 80km/h abusif et le remplacer par une étude et des travaux visant à corriger la dangerosité de certains sites et tronçons de route.

SÉCURITÉ

– Je propose que les policiers et les gendarmes soient formés à la communication non-violente, au combat genre self-défense et soient désarmés. Les armes létales seront remplacées par des ampoules anesthésiantes, comme pour les animaux. En effet, ils montreront ainsi l’exemple et seront beaucoup moins stressés s’ils ne blessent ni ne tuent leurs compatriotes (voir le taux de suicides important chez eux). Ils pourraient s’occuper de la prévention et de l’éducation par le sport dans les quartiers défavorisés.

– Cesser la soi-disant lutte anti-terroriste, créée de toutes pièces et générant une psychose collective. En quelques années, le nombre d’attentats a dramatiquement augmenté. Plus on lutte contre le mal, plus il se renforce ! C’est une escalade de violence et la seule façon de la stopper, c’est de cesser de la nourrir. Là encore, il est facile avec les réseaux sociaux de détecter les agissements de djihadistes ou groupuscules armés.

– Mettre en place des réseaux de soutien aux adultes et enfants victimes de violences familiales, avec un accueil sécurisé.

Seules, l’écoute et la bienveillance peuvent vaincre la peur et la violence. Et cela commence dès la naissance et l’apprentissage du respect mutuel.

DIVERS

– Supprimer l’heure d’été. Revenir à l’heure légale (GT + 1) pour vivre en accord avec le rythme naturel des saisons.

– Mettre les produits Bio au prix du non-bio. Pour cela, réduire le taux de TVA, le Bio étant considéré comme un produit de luxe taxé à 20%. Favoriser la reconversion des producteurs locaux. Favoriser la qualité au lieu de la quantité.

– Légaliser les graines artisanales, non produites par de grands trusts. Revenir à une plus grande biodiversité.

– Confier aux mères de famille la gestion des communes, elles savent faire cela. – Alléger les charges sociales des entrepreneurs.
– Supprimer le dispositif Linky, qui a prouvé sa nocivité et son inefficacité.

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Un monstre protéiforme

Dans cet univers fictionnel persistant, les rois sont des prédateurs, des illusionnistes passés maîtres dans l’art de duper, de mentir, de régner en soufflant le chaud et le froid en se servant des autres et notamment des enfants. Pendant de longues années, j‘ai vécu sous l’emprise d’êtres au caractère manipulateur et destructeur, reflet extérieur d’une énergie intérieure que j’ignorais alors. Comme beaucoup de victimes de violences psychologiques, j’étais dans la confusion, je ressentais de la honte, de la culpabilité. Terrorisée, j’étais incapable de fuir ou de combattre et pour survivre, je me suis anesthésiée, j’ai oublié. Il m’a fallu vingt années pour oser sortir du déni et enfin mettre des mots sur ce dont j’ai souffert en silence. Cette autoséance m’a aidée à voir clairement ce qui a attiré ce type d’énergie dans ma vie et à me dégager de cette emprise. 

Partie 1 : J’ai l’impression que je suis dans un filet, par terre, avec des mailles toutes noires. Ça s’est resserré, je peux plus bouger. Je suis seule, il fait froid, il fait nuit. J’ai été capturée, prise au piège et je ne sais pas quoi faire pour en sortir. Je pourrais faire craquer ce filet mais c’est solide. Mon corps est parcouru de décharges, comme des décharges électriques. L’impression d’être condamnée à rester là, à crever là [le bruit de la respiration fait comme des vagues à l’océan, long silence, absence 20mn]

Je sais pas comment je suis arrivée là, sensation effrayante de ne pas pouvoir bouger, tétanisée. Si je bouge, ça resserre le filet [silence 40mn]

Je vois un crocodile.

Partie 2 : Y’a des crocodiles, des pierres, surtout un gros crocodile, avec sa gueule énorme, ses dents, ses yeux jaunes vitreux. Il guette sa proie. Là, je reviens sur l’être qui est pris dans un filet noir, plus il bouge, plus ça resserre. Là, il reste tranquille, il bouge plus, il n’y a aucun moyen qu’il s’en sorte [soupir]. Là, je le vois dans l’ensemble, c’est comme un zoom arrière et je vois que c’est juste une toute petite partie de moi qui est emprisonnée là-dedans. Faut faire très attention parce que, dès qu’on s’en approche, ça se resserre. Est-ce que je peux lui donner quelque chose pour qu’il se libère ? Je vois une paire de ciseaux pour couper le filet. Ça me rappelle les ciseaux que j’ai donnés. Donc, avec les ciseaux, il est en train de couper les mailles du filet. Faut qu’il se dépêche, sinon ça repousse au fur et à mesure. Ça marche pas ! En fait, c’est une araignée géante qui a tissé cette toile, ce filet. Faudrait que je tue l’araignée pour pouvoir le délivrer. [Éternuement] OK, là, je suis face à cette araignée géante [éternuement]. Elle a du venin, elle endort ses proies. Comment je vais faire ? Elle dort jamais, en fait. Peut-être qu’avec un aérosol plein d’acide, je pourrais l’atteindre… en fait, j’ai préparé un poulet, un truc qu’elle aime bien, et je mets du poison dedans, ça va la faire mourir, le poison, c’est de l’arsenic, non, c’est un poison inodore, qu’elle ne détecte pas. Elle se dessèche complètement. C’est très difficile de bouger, y’a encore une espèce de léthargie, quelque chose d’étouffant qui empêche de bouger. Très difficile… pénible… et là, je commence à couper le filet. Faut faire très attention parce que le filet est rentré dans la peau. Je commence par un endroit où c’est pas serré. Faut y aller très doucement. Y’a la tête qui sort. C’est comme un fœtus, en fait. Il commence à se déplier.

Y’ a un autre être qui est pris dans une gangue de poisons, pris par le tabac, l’alcool, la drogue. C’est à cause d’un monstre qui le retient prisonnier. Ce monstre ressemble au gros de Starwars, à Jabba, avec un narguilé. Faut que je tue ce monstre. J’ai pas la force. J’ai pas la force [sanglots] je demande de l’aide, parce que j’en peux plus. [sanglots, halètements]. OK, j’essaie de faire quelque chose, je deviens très grande, au-dessus de lui, je lui lance du gaz neutralisant et puis après, avec le poignard je le tue, dans le cœur. Il se dégonfle et après avec le poignard, j’enlève la gangue autour de l’être. C’est pareil, en fait, comme s’il naissait, comme une naissance, j’ai mal dans le bas du dos. Il est tout petit, tout chétif, tout maigre. Ça va.

Faut que je me dépêche, parce qu’il y a encore une autre forme… Elle est ensorcelée, elle continue à vivre comme si tout était normal, en fait, elle est ensorcelée, prisonnière, en ayant l’impression d’être libre. Elle a beau aller au bout du monde, y’a encore quelque chose. Je lui montre quel monstre la retient prisonnière : un monstre d’insensibilité, d’égoïsme, de destruction et de non-amour. Elle est prise dans des fils invisibles. Je lui montre ce qu’elle est, en-dehors de ça : une femme forte, équilibrée, créatrice, libre. Et je l’aide à couper tous les liens nocifs qui la lient à son père et aux hommes. [Halètements] Ah, elle se réveille, elle sort de son sommeil, elle est libre, elle sort de cette matrice, de ce conditionnement, de cette emprise, elle est libre. Oh, ça fait mal (bas du dos). Une énorme lumière, un rayon de lumière dorée qui balaie tout ça, un rayon vert aussi [baillements]. Je demande de l’aide. Je demande de l’aide au Ciel et à la Terre pour guérir de tout ça, pour guérir de cet esclavage, pour oser vivre libre. [35mn]

Symbole du crocodile : Incarnation de Seth, le reflet négatif d’Osiris. La mort et sa soudaineté, l’impitoyable fatalité du destin. Rupture, brutalité. Fantasme de castration. Destruction. Réhabilitation de la combativité, de la force de vie, libérée de l’action castratrice des sentiments de culpabilité. Et cela me fait penser au prénom d’une grand’mère, côté paternel : Odile. Aurait-elle été « croquée » ?

L’araignée : Angoisse métaphysique. Tentation masochiste de s’autodétruire. Narcissisme. Complaisance envers des mécanismes destructeurs. Refoulement de l’anima. Relation dysfonctionnelle aux parents, voire œdipe inversé.

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